déc 17

Oamos n’a qu’une ambition, mais ô combien sympathique : découvrir et “jouer” le contenu que recherche l’internaute. Se qualifiant lui-même de “Meta-inspiration engine”, Oamos est un moteur de recherche sémantique qui interroge simultanément les moteurs de recherche pour y récupérer images, vidéos, pages, articles de presse, sons et musiques correspondant à une requête, pour en faire… un clip.
Excellent exemple de ce que peut apporter la visualisation aux technologies du web sémantique, il est donc autant agent de recherche qu’agent d’ambiance. Un News-Jockey en quelque sorte…
Alors, histoire de mettre un peu d’ambiance dans ce contexte de crise, nous avons choisi de mettre la crise en clip. Régalez-vous!

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oct 03

Dans le baromètre Mc Cann dont j’ai récemment parlé, nous pouvions voir que nos réseaux d’amis avaient tendance à s’ouvrir à des personnes que nous ne connaissions pas, ce qui marque une rupture par rapport à ce que l’on pouvait autrefois constater.

Il y a quelques années en effet, j’avais fait une petite étude pour mes étudiants de Paris 1 sur les blogrolls (la liste des blogs amis) des skyblogueurs. On pouvait y constater qu’à l’époque, sur Skyblog, les blogrolls faisaient apparaître des réseaux fermés, très hiérarchiques et non distribués. On pouvait ainsi passer d’un skyblog à l’autre par le biais des blogrolls, mais on finissait par y tourner en rond, en revenant toujours au même point de départ. Il était assez rare de trouver un blogroll qui permette de passer d’un réseau à un autre. A vrai dire, le blogroll était un monde numérique complètement analogue à celui de la classe de collège ou de lycée fréquentée par le skyblogueur ou la skyblogueuse : le digital, c’était une strate relationnelle supplémentaire à rajouter sur les liens qui unissaient ces adolescents dans la vraie vie. On se parlait dans la vie de collège, puis on se séparait en rentrant chacun chez soi, pour se retrouver sur MSN, et finir par commenter sur les blogs des autres les photos prises dans la journée avec les téléphones portables, en ponctuant le tout de quelques SMS…

Certains éléments de l’étude Mc Cann sur l’influence laissaient donc penser que cette situation était en train de changer. Mais pas partout apparemment.

Je suis en effet tombé le week-end dernier sur une dépêche Associated Press reprise sur Wired, rédigée par Jay Alabaster,  qui décrit le Web social japonais comme un lieu où l’on chercherait avant tout à reproduire en ligne sa socialisation présente : les seuls amis que l’on ait dans les réseaux sociaux japonais seraient donc ceux que l’on compte effectivement au nombre de ses amis. On retrouverait alors le modèle des blogrolls des skyblogueurs dont je parlais à l’instant.

La dépêche en question soulignait aussi que les profils des internautes japonais dans les réseaux sociaux étaient relativement pauvres en contenu personnel, et semblaient donc ne pas servir de support à la construction identitaire de l’individu : on dit peu de choses de soi, de ses goûts, de ses centres d’intérêt. Paradoxalement, cette constante se retrouverait aussi sur les sites de rencontres comme Match. Sur Youtube Japon, on poste essentiellement des vidéos de son animal de compagnie, pas de soi.

Tetsuya Shibui, spécialiste de la jeunesse japonaise et des ses usages digitaux résume ainsi la raison de cette timidité en ligne; elle prend naissance dans une conviction profonde : “je n’ai rien d’intéressant à montrer aux autres”.

Nous sommes ici bien loin des usages occidentaux où le Net, et en particulier les médias sociaux et les blogs, sont souvent le lieu d’une mise en récits ou en images, pour ne pas dire en scène, de l’identité individuelle. Si l’on devait analyser cette différence fondamentale à la lumière de la pyramide des besoins de Maslow, on pourrait dire que l’internaute japonais n’éprouve pas le besoin de s’accomplir, car il a déjà un problème avec le besoin d’estime de soi, qu’il cherche à combler en se réfugiant dans l’appartenance.

Pyramide des besoins de Maslow

Cette appartenance, se double d’un goût marqué pour l’anonymat : on reste dans l’ombre, on se cache derrière son pseudo, on ne met pas de photo, voire, on s’inscrit au réseau social, mais en rendant son profil inaccessible aux autres, de sorte que l’on n’a pas d’autres amis que ceux que l’on a explicitement invités.

Ceci semblerait être la caractéristique de l’esprit nippon, un état d’esprit que l’on ne peut changer, souligne dans la dépêche Tomoe Makino, en charge du développement des partenariats chez Youtube Japon.

C’est pourquoi les grandes plates-formes de médias sociaux occidentales ont dû prendre en compte la mentalité japonaise pour parvenir à s’implanter durablement. La dépêche ainsi explique comment Match a su progresser en s’inscrivant dans un mouvement social de célibataires en quête de l’âme sœur, le Konkatsu. Youtube, aussi a su s’adapter, en organisant un concours de vidéos d’animaux de compagnie, en partenariat avec Toshiba. Il s’agit du Toshiba My Pet’s Award.

Ces différences entre le web social à travers le monde ne peuvent finalement que conforter cette conviction profonde : le web ne révolutionne pas la société, il accompagne seulement ses évolutions; des évolutions différenciées, car la technologie n’est rien d’autre que ce que les humains veulent bien en faire…

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sept 25

Technorati vient de publier son très attendu State of the blogosphere 2008, qui nous offre quelques données intéressantes sur le phénomène des blogs.

Tout d’abord, les blogs, comme nous le soulignions déjà dans un précédent billet, tendent à se démocratiser et à devenir de plus en plus nombreux (133 millions), mais on observe de très fortes différences quant à leur activité, si bien que le nombre des blogs réellement actifs, avec au moins un article par semaine, se limiterait à 1,5 millions :

Typologie des blogs en fonction de leur activité

 

D’un point de vue socio-démographique, les blogueurs sont majoritairement des hommes, et âgés de 25 à 34 ans.

 

Profil socio-démographique des blogueurs

Ils vivent principalement en Amérique du Nord, mais la proportion de blogueurs européens est loin d’être négligeable :

Localisation des blogueurs

Ces blogueurs européens s’intéressent plus à la musique et à la technologie que les autres, tiennent avant tout un blog pour le plaisir, et sont apparemment des utilisateurs avancés des technologies 2.0.

Globalement, la proportion entre les blogs personnels, les blogs professionnels et les blogs d’entreprises est la suivante :

Typologie et répartition des types de blogs

Cette typologie recouvre des centres d’intérêts diversifiés, parmi lesquels l’art de vivre, la cuisine, la technologie et l’actualité et la politique se taillent la part du lion :

Sujets des blogs

Mais le plus intéressant demeure les motivations des ces blogueurs. Pourquoi blogue-ton en effet? Avant tout, pour exposer son point de vue, partager ses expériences, et rencontrer des gens “en affinité” :

Motivations des blogueurs

Au-delà de ces données intéressantes, on est en droit de se poser certaines questions autour de l’étude. On peut tout d’abord s’interroger sur la pertinence des chiffres, dans la mesure où Technorati ne prend pas en compte toutes les plates-formes de blog, et dans la mesure où tous les blogueurs ne cherchent pas, ou plus, forcément à être référencés par Technorati : les communautés, les réseaux sociaux, les plates-formes de social bookmarking ou les digg-like “de niche” se sont multipliés, si bien qu’il peut paraître plus intéressant à tel ou tel blogueur de cibler ces niches pour y concentrer sa présence auprès de cibles de lecteurs qui l’intéressent vraiment, plutôt que d’être perdu au milieu des 133 millions de blogs recensés par Technorati. Enfin, comme le fait remarquer Fred Cavazza, la prolifération et la diversité des médias, et en particulier le phénomène du microblogging, tendent, plus généralement, à diluer les blogs dans l’océan des médias sociaux.

Cette idée de dilution, ou de fragmentation, illustre bien la fragmentation identitaire de l’individu dans le monde digital. Il ne peut pas être seulement ce qu’il écrit sur son blog; il est aussi ce qu’il échange et partage (photos, signets, vidéos, articles…), ce qu’il consomme ou souhaite consommer (avis et ratings de produits, playlists et wishlists…), ce qu’il soutient (causes, pétitions…), ce à quoi il participe (projets collaboratifs, communautés de pratiques ou d’intérêts…), et ils est aussi ceux qu’il apprécie (réseaux sociaux, friendslists…).

 

Entre identité personnelle, identité sociale et identité culturelle, l’ego digital devient une mosaïque de narrations de soi éparpillées sur les différents supports que sont les médias sociaux en affinité avec le moi qui réalise la mosaïque. Mais cette fragmentation a aussi besoin de son contraire : une synthèse liante, et qui fait sens. On retrouve là simplement le double mouvement de la construction identitaire qu’on pu décrire des sociologues comme Kaufmann : le moi s’éclate en des rôles différents, mais il rassemble aussi l’épars.

Cette synthèse identitaire est en train de rencontrer la technologie pour permettre à l’individu numérique de rassembler ses fragments dispersés dans le cyberespace : les mash-ups applicatifs, les API de type Open Social, font peu à peu naître des hubs, ou plutôt des nœuds identitaires, où l’individu rassemble ses albums photos, ses vidéos de vacances, ses bookmarks, ses humeurs twitterisées, ses playlists, ses engagements, et les billets qu’il poste sur son blog. Et, pour l’instant, les meilleurs exemples de points de convergence identitaires paraissent être facebook ou friendfeed.

Par conséquent, le rapport de Technorati, si intéressant soit-il, me paraît passer à côté de l’essentiel de ce qui se trame sur le web en ce moment.

 

 

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sept 24

Après l’étude d’Ipsos dont nous avons parlé récemment, Mc Cann nous délivre une étude réalisée auprès d’internautes du monde entier, aussi intéressante que l’était déjà la vague 3 du baromètre des médias sociaux, et très approfondie sur les usages et les utilisateurs des médias sociaux.

Elle montre un accroissement de la participation, puisque des pratiques telles que poster des commentaires sur des blogs connaissent une forte progression (+30% depuis 2006), de même que l’upload de vidéos ou de photos sur un site de partage (+30% pour la vidéo et +25% pour les photos). Le blogging connaît lui aussi un regain d’engouement très net : 30% des personnes interrogées en 2006 tenaient un blog, 31% en 2007, et 45% en 2008.

Toujours à propos du blogging, une question a particulièrement attiré mon intérêt, celle de l’importance du blog dans la socialisation des individus. Elle donne en effet des résultats extrêmement diversifiés selon le pays. Tenir un blog est en effet considéré comme une pratique importante pour socialiser par :

  •  14,2% des Néerlandais
  • 24% des Américains
  • 25,8% des Britanniques
  • 28,2% des Allemands
  • 34,9% des Japonais
  • 35% des Russes

Et les Français? me direz-vous. Si nous sommes loin d’être ceux qui accordent le plus d’importance au blogging dans la socialisation (ce sont les Philippins, à 73,1%), nous faisons néanmoins partie des peuples qui y accordent le plus d’importance (48,6%), avec d’autres pays latins que sont l’Espagne(47,5%), l’Italie (65,9%), le Brésil (61%), et le Mexique (72,9%), et les pays émergents d’Asie (Taïwan, Hong-Kong, Chine, Inde, Corée du Sud).

Autre enseignement important de l’étude, qui ressort d’ailleurs dans son titre (When did we start trusting strangers?), nos réseaux d’amis dématérialisés sont de moins en moins locaux, et de plus en plus globaux : suivant sans doute, bien entendu, le mouvement de la mondialisation et de l’expatriation des uns et des autres, nous avons des amis dans tous les pays. Mais ce n’est pas le plus intéressant : le fait d’avoir des correspondants réguliers ou des amis que nous n’avons jamais vu, n’est plus seulement l’apanage des Very Important Bloggers ou des spécialistes de telle ou telle communauté d’experts. Il se démocratise, et nous sommes donc de plus en plus nombreux à avoir des amis que nous n’avons jamais rencontrés et qui, pourtant, comptent dans notre vie quotidienne en ligne. A ceux-ci s’ajoutent aussi ceux que nous avions complètement perdus de vue, et qui ont réintégré, via les réseaux sociaux, notre cercle d’amis. Ces quasi-étrangers, ou complètement étrangers font donc non seulement partie de notre réseau social, mais ils peuvent y jouer un rôle de prescripteur, en particulier dans nos choix de consommation. Pourquoi? Tout simplement parce que nous leur faisons confiance.

La question devient donc la suivante : qu’est-ce qui structure la confiance? Nous savons en effet, parce que l’Edelmann Trust Barometer nous le rappelle depuis des années, que nous avons de plus en plus tendance à accorder notre confiance à des pairs, à d’autre individus qui nous prodiguent des conseils. En outre, ce que nous privilégions également le plus, c’est l’expérience client. C’est elle qui nous fait racheter un produit, construit notre attachement à une marque, etc… En l’occurrence, ici, dans le cadre de nos réseaux sociaux, nous recherchons aussi pour guider nos choix de consommations, des expériences-clients émanant d’individus comme nous. C’est au sein de nos réseaux sociaux que nous avons le plus de chance de les trouver aujourd’hui.

En effet, comme le montre l’étude Mc Cann, nous accordons autant notre confiance à une expérience-client relatée en face à face qu’à une expérience-client relatée en ligne : les critiques émises sur un produit, un service, ou une marque, suscitent presque autant notre intérêt et notre adhésion quand elles sont exprimées sur un blog, sur un site marchand, ou sur des forums communautaires, que lorsque nous les entendons dans la bouche d’un de nos proches.

Si l’on rajoute à cela, dernier enseignement de l’étude, que nous échangeons de plus en plus fréquemment sur nos expériences de consommation avec les amis qui composent nos réseaux sociaux, on comprend aisément combien la formation de nos opinions sur les marques et les produits et l’évolution de nos comportements de consommation sont maintenant dépendantes de notre socialisation en ligne. En effet, sur un mois, les proportions d’internautes ayant échangé des avis sur un produit une marque ou un service  par des moyens de communication online sont les suivantes :

  • 44,5% par messagerie instantanée
  • 42,4% par e-mail
  • 30,4% en commentant un avis complet rédigé sur un blog
  • 29,4% en recommandant simplement le produit ou le service sur un blog
  • 28,9% en rédigeant un avis complet sur un site de vente en ligne
  • 28,9% en postant un commentaire sur site de vente en ligne
  • 27,6% en postant son avis sur son profil au sein d’un réseau social
  • 27,5% en rédigeant un avis complet sur son blog
  • 27,4% en incluant un produit dans une liste de vœux
  • 25,1% en postant une vidéo relative à un produit ou un service

Bien sûr, le bouche à oreille traditionnel continue, et continuera toujours d’exister, mais le bouche à oreille électronique prend de plus en plus d’importance dans nos vies d’individus et de consommateurs. Par conséquent, il doit aussi en prendre de plus en plus dans la vie des marques et des entreprises, si elles veulent continuer à exister.

J’arrête là, et je vous laisse vous faire votre propre impression sur cette étude, que vous pouvez visionner ci-dessous :

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sept 17

Nous réalisons souvent pour nos clients des prestations de veille-diagnostic qui nécessitent l’utilisation d’outils permettant non seulement le traitement des données, mais aussi leur visualisation sous forme de cartes, ou de nuages, etc… L’avantage est de parvenir, grâce à la visualisation, à une meilleure compréhension des réseaux d’acteurs, ou de la circulation de l’information, ou des éléments de langage utilisés par les des consommateurs qui s’expriment sur une marque…

Personnellement, c’est donc par nécessité que j’ai souvent recours à ce type d’outils, mais je vous avoue y avoir pris goût. C’est pourquoi j’ai de plus en plus tendance à suivre les actualités et les innovations dans le domaine de la visualisation des données.

C’est dans ce contexte que j’ai trouvé Wordle, un petit outil en ligne amusant à utiliser, qui transforme un texte ou un flux en nuage de mots. Ces possibilités sont évidemment trop limitées pour des usages professionnels ou scientifiques, mais il suffit pour se donner rapidement une idée des potentialités offertes par la visualisation. On peut en effet y trouver, dans la section Gallery, de très nombreux exemples de nuages, mais le plus amusant est de pouvoir créer le sien, soit en copiant un texte, soit en récupérant un flux XML.

Je me suis amusé à créer le nuage de ce blog, que voici.

Les mots employés sur ce blog

Dans un tout autre contexte, mais dans le même ordre d’idées, je vous recommande aussi la comparaison visuelle des discours des leaders démocrates et républicains prononcés lors de leurs conventions respectives :

 

Comparaison des discours démocrates et républicains

 

 

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sept 16

L’institut Ipsos a sorti début septembre une nouvelle livraison de son étude Profiling, qui nous fournit quelques données supplémentaires, utiles pour cerner le profil des utilisateurs de médias sociaux.

Tout d’abord, il apparaît que le nombre global d’internautes en France a encore augmenté, pour s’élever maintenant à 31,5 millions, soit 62,3% de la population française âgée de plus de 15 ans.

Parmi ces internautes, la part des utilisateurs de médias sociaux de types Facebook, Myspace, Copainsdavant, etc…, semble devenue très importante : en effet, selon Ipsos, 52% des internautes déclarent les fréquenter. Plus de la moitié des internautes français serait ainsi présente sur les médias sociaux; en outre 41% des internautes les trouvent utiles.

En ce qui concerne l’intensité des usages, un tiers des internautes déclarant fréquenter des réseaux sociaux en font un usage régulier.

L’étude nous conforte aussi dans la représentation que nous pouvions avoir des utilisateurs de réseaux sociaux : ils sont encore une majorité de 15-34 ans (61%), font un usage intensif du Net, et 51% sont des femmes. Un chiffre m’a particulièrement frappé : 46% d’entre eux ont un blog ou un site perso.

Au-delà de cette étude, on peut se demander si la fréquentation des réseaux sociaux va continuer à renforcer la participation et contribuer au développement de la production de contenu par les internautes. Car, pour l’instant, il semblerait que les réseaux sociaux permettent à un public jusqu’à présent plutôt spectateur, d’emprunter les chemins de la participation et de la création de contenus.

 

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juil 24

Dans la série on n’est jamais mieux servi que par soi-même, je voulais vous signaler quelques articles, compte-rendus et interviews récents qui traînent ça-et-là sur le net :

Commençons par le commencement, et l’ouvrage intitulé La Webcampagne, publié chez Weka, dans lequel j’ai rédigé la partie consacrer à la veille Internet dans un contexte de campagne électorale, et Versac l’avant-propos : un petit compte-rendu se trouve ici.

Ensuite, deux interviews sur France 24. La première est sur la communication de crise en général, sur fond d’affaire Kerviel. La seconde sur les vraies-fausses pubs amateurs virales, et en particulier la célèbre vidéo où l’on fait croire qu’il est possible de faire du pop-corn avec des téléphones portables.

 

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avr 29

Un nouveau projet de microformat standard est en train de naître autour le norme XFN. X pour XHTML, le langage standard du web actuel, combinant le XML et le HTML, F pour Friends, et N pour Network.

Ce projet vise à permettre l’inclusion d’éléments qualifiant les liens qui unissent des sites dans le code source d’une page. Les critères de qualification des liens correspondent à des types de relation et sont les suivants :

- type de relation : amitié connaissance ou contact
- modalité de la relation : réelle, professionnelle, proximité géographique, lien familial, lien sentimental
- identité : moi

Le XFN permet donc par exemple de qualifier les relations entre des blogueurs. Imaginons par exemple 3 blogueurs, A, B, et C. Il est possible d’inclure dans le code source du blog, notamment dans le blogroll (la liste des liens de chaque blog), des éléments de code qui permettront de savoir que A connaît B et C, qu’il est ami avec les deux, qu’il a rencontré réellement les deux, que B habite près de chez lui, et que C est son collègue de travail. Je dois d’ailleurs vous avouer que nous utilisons XFN pour la gestion des liens de ce blog.

Avec ce nouveau standard, s’il se développe, le web tendra à devenir de plus en plus social, et les cartographies des réseaux de sites plus faciles à réaliser, et surtout plus précises et mieux qualifiées.

Pour en savoir plus :

- le blog d’Igor
- L’article de Brian Suda, traduit sur le site des Microformateurs

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avr 19

Le Social Media Tracker de Mc Cann Universal nous offre une vue globale de l’univers des médias sociaux à travers le monde. Ce qui nous permet de faire un petit point d’actualité en chiffres sur les usages de médias sociaux chez les internautes ayant entre 16 et 54 ans.

On se contentera ici de regarder la situation française, pour y découvrir que :

- 72% des internautes français ayant entre 16 et 54 ans consultent des blogs, dont 28% quotidiennement, et 38% chaque semaine.
- 31,5% des internautes français ayant entre 16 et 54 ans sont blogueurs; 38% alimentent leur blog chaque jour, et 28% chaque semaine
- 33,1% des internautes français ayant entre 16 et 54 ans ont créé leur profil sur un média social, ce qui les place en dernière position des 31 pays étudiés; 23% mettent à jour leur profil quotidiennement, 38% de façon hebdomadaire
- 35,5% des internautes français ayant entre 16 et 54 ans partagent leurs photos en ligne, 15% le faisant chaque jour, et 28% chaque semaine
- 19,5% des internautes français ayant entre 16 et 54 ans partagent leurs vidéos en ligne, ce qui nous place en avant-dernière position; 17% en partage quotidiennement, et 34% chaque semaine
- 63,4% des internautes français ayant entre 16 et 54 ans regardent des vidéos en ligne - nous sommes encore les derniers du classement -, 21% tous les jours, et 48% chaque semaine
- 34,2% des internautes français ayant entre 16 et 54 ans téléchargent des podcasts, 15% quotidiennement, et 37% chaque semaine
- 25,7% des internautes français ayant entre 16 et 54 ans suivent des flux RSS, 26% au quotidien, et 34% toutes les semaines.

Vous pouvez télécharger l’étude ici, et la visionner ci-dessous.

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avr 17

C’était ce matin l’ouverture officielle de la saison des petits-déjeuners débats de la Sorbonne, placés sous la bienveillante autorité de Jacques Suart. Au menu de ce matin, le buzzmarketing, abordé sous l’angle d’une épineuse et cruciale question : peut-on domestiquer le bouche-à-oreille?

Le débat était animé par Alexandre Debouté, journaliste chez Stratégies, et rassemblait Bernard Fauve, Responsable Cross Média, Lagardere Publicité, Laurent Foisset, Directeur de la communication, Le Numéro, Grégory Pouy, Strategy and Communication Director,Vanksen Group, Alain Roussel, co-fondateur de La Chose, et moi-même.

Je vous résume rapidement ce qui en est ressorti.

Du buzz, il y en a tout le temps, plus moins intense, et plus ou moins important, et il apparaît souvent de façon spontanée. Parfois il est positif, parfois il tourne au dénigrement, et l’on parle alors de bad buzz.

Ce qui nous réunissait ce matin consistait plutôt à examiner les cas où le buzz est orchestré par les entreprises ou les marques. A ce titre, Laurent Foisset, Bernard Fauve et Alain Roussel ont pu nous présenter les énormes machineries mises en place pour le lancement du 118 218, ou encore la campagne “Emma je t’aime” pour Lagardère Publicité. Deux excellents cas illustrant un buzz qui tourne bien et qui se développe en amplifiant considérablement l’efficacité de la campagne, mais qui sont avant tout des stratégies crossmédias mêlant l’activisme dispersé sur la Toile à l’utilisation de l’arme nucéaire de la pub en prime time.

Nous nous sommes aussi interrogés sur les conditions d’émergence d’un buzz et sommes tombés d’accord sur les ingrédients indispensables de la recette. Pour faire un bon buzz il faut donc :

Le fonds de sauce viral :
- un contenu, de préférence humoristique, sensationnel, ou valorisant pour l’individu qui le reçoit ou le transmet
- des internautes qui le relaient, sur leurs blogs, dans des forums, ou par e-mail

L’ingrédient mystère :
- la démarche et le contenu doivent intriguer et pousser l’internaute à se demander qui peut bien être à l’origine de ce contenu, sur le mode classique du teasing.

Du temps, pour laisser mijoter et porter lentement à ébullition :
- sans recours aux médias de masse et à la publicité traditionnelle pour booster le teasing, il faut compter environ 6 semaines pour qu’un buzz prenne.

Ce facteur temps est capital, et nous sommes revenus sur ce point en évoquant Alain Roussel et moi l’échec du buzz du Rentring, campagne menée par La Chose pour Orange fin 2006.

Quant à la question principale, le bouche à oreille peut-il être domestiqué, elle a reçu sa réponse. Non…

Ceci dit, il faut se demander ce que l’on entend par domestiquer. Le chat est un animal domestique, et pourtant, il dort quand on voudrait qu’il joue, il s’éloigne quand on voudrait le caresser, et vient justement se blottir sur vos genoux quand on veut se lever du canapé…

Le buzz tient sans doute plus du chat que du chien fidèle.

Certains d’entre vous étaient présents. N’hésitez pas à rajouter vos impressions en commentant ce billet, ou à faire votre compte-rendu sur votre blog.

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